Du dimanche 1er avril au dimanche 8 avril, jour de Pâques, les catholiques célèbreront la Semaine Sainte. C’est pour eux le moment le plus important de l’année : la mort et la Résurrection du Christ sont en effet le fondement de leur foi.
La Semaine Sainte termine les quarante jours du Carême, au cours desquels les catholiques ont prié, jeûné et partagé. À La Réunion, ils ont aussi réfléchi cette année au thème : « Dans le souffle de Vatican II, faisons Église, vivons ensemble ».
La Semaine Sainte s’ouvre avec le Dimanche des Rameaux. Elle se poursuit avec la messe chrismale et les célébrations du Jeudi saint, du Vendredi saint et du Samedi saint au soir. Elle se termine avec le Dimanche de Pâques, jour auquel l’on fête la Résurrection du Christ.
Pourquoi la Semaine Sainte ?
La Semaine Sainte est encore appelée « grande semaine », à cause de la grandeur et la sainteté des mystères que l’on y célèbre. Ci-dessous, une interview du père Wenceslas Pierrot-Rabé, qui reprend saint Jean Chrysostome.
Le Dimanche des Rameaux et de la Passion
L’Église célèbre ce jour-là l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem. Jésus entre dans la ville sur le dos d’un ânon, sous les acclamations d’une foule heureuse d’accueillir celui dont elle a appris tous les bienfaits vis-à-vis des malades, des infirmes, des plus pauvres.
La bénédiction des rameaux
Les évangiles racontent que ceux qui acclamaient Jésus avaient étendu leurs manteaux sur le sol et lui avaient fait un chemin avec des branches d’arbres. C’est la raison pour laquelle les catholiques viennent à l’église avec des rameaux (de buis, de laurier, de palmier….).
Le prêtre lit le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem :
Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem, de Bethphagé et de Béthanie, près du mont des Oliviers. Jésus envoie deux de ses disciples :« Allez au village qui est en face de vous. Dès l’entrée, vous y trouverez un petit âne attaché, que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : ’Que faites-vous là ?’ répondez : ’Le Seigneur en a besoin : il vous le renverra aussitôt.’ »Ils partent, trouvent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachent. Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire.Ils amènent le petit âne à Jésus, le couvrent de leurs manteaux, et Jésus s’assoit dessus.Alors, beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux, d’autres, des feuillages coupés dans la campagne.Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le Règne qui vient, celui de notre père David. Hosanna au plus haut des cieux ! » (Marc 11, 1-10)
Puis le prêtre bénit les rameaux, tenus par chaque fidèle. L’assemblée entre ensuite dans l’église en procession. Cette procession n’est pas seulement une représentation de l’entrée de Jésus à Jérusalem ; elle évoque aussi le jour où l’humanité toute entière entrera dans la Jérusalem céleste.
Les fidèles ramènent chez eux les rameaux bénis. Ils s’en servent pour orner les crucifix de leurs maisons. Certains les portent au cimetière, sur la tombe de leurs défunts : ils manifestent ainsi leur espérance en la résurrection.
La lecture de la Passion
Une fois que l’assemblée se trouve à l’intérieur de l’église, on lit, à plusieurs voix, le récit de la Passion de Jésus. Au moment où l’on évoque la mort de Jésus, les fidèles s’agenouillent quelques instants pour manifester leur respect.
La messe se poursuit ensuite comme à l’habitude.
Homélie de saint André de Crète pour le dimanche des Rameaux
Venez, gravissons ensemble le mont des Oliviers ; allons à la rencontre du Christ. Il revient aujourd’hui de Béthanie et il s’avance de son plein gré vers sa sainte et bienheureuse passion, afin de mener à son terme le mystère de notre salut.
Il vient donc, en faisant route vers Jérusalem, lui qui est venu du ciel pour nous, alors que nous étions gisants au plus bas, afin de nous élever avec lui, comme l’explique l’Écriture, au-dessus de toutes les puissances et de toutes les forces qui nous dominent, quel que soit leur nom.
Et il vient sans ostentation et sans faste. Car, dit le prophète, il ne protestera pas, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix. Il sera doux et humble, il fera modestement son entrée.
Alors, courons avec lui qui se hâte vers sa passion, imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour répandre sur son chemin, comme ils l’ont fait, des rameaux d’olivier, des vêtements ou des palmes. C’est nous-mêmes qu’il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, l’humilité du cœur et la droiture de l’esprit afin d’accueillir le Verbe qui vient, afin que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir.
Car il se réjouit de s’être ainsi montré à nous dans toute sa douceur, lui qui est doux, lui qui monte au dessus du couchant, c’est-à-dire au-dessus de notre condition dégradée. Il est venu pour devenir notre compagnon, nous élever et nous ramener vers lui par la parole qui nous unit à Dieu.
Bien que, dans cette offrande de notre nature humaine, il soit monté au sommet des cieux, à l’orient, comme dit le psaume, j’estime qu’il l’a fait en vertu de la gloire et de la divinité qui lui appartiennent. En effet, il ne devait pas y renoncer, à cause de son amour pour l’humanité, afin d’élever la nature humaine au-dessus de la terre, de gloire en gloire, et de l’emporter avec lui dans les hauteurs.
C’est ainsi que nous préparerons le chemin au Christ : nous n’étendrons pas des vêtements ou des rameaux inanimés, des branches d’arbres qui vont bientôt se faner, et qui ne réjouissent le regard que peu de temps. Notre vêtement, c’est sa grâce, ou plutôt c’est lui tout entier que nous avons revêtu : Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. C’est nous-mêmes que nous devons, en guise de vêtements, déployer sous ses pas.
Par notre péché, nous étions d’abord rouges comme la pourpre, mais le baptême de salut nous a nettoyés et nous sommes devenus ensuite blancs comme la laine. Au lieu de branches de palmier, il nous faut donc apporter les trophées de la victoire à celui qui a triomphé de la mort.
Nous aussi, en ce jour, disons avec les enfants, en agitant les rameaux qui symbolisent notre vie : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’lsraël !
Hymne : Voici que s’ouvrent pour le Roi
Voici que s’ouvrent pour le Roiles portes de la Ville :Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !Pourquoi fermerez-vous sur moila pierre du tombeau,dans le jardin ?R/Dieu sauveur, oublie notre péchéMais souviens-toi de ton amourQuand tu viendras dans ton Royaume.Les sourds entendent les muetsbénir le Fils de l’homme :Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !Pourquoi hurlerez-vous si fort :« À mort ! Crucifie-le,Crucifie-le » ?Je vois que dansent les boiteuxle long de mon cortège :Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !Pourquoi vouloir percer de clousles mains qui ont pitié,pitié de vous ?Vos yeux guéris d’aveugles-néscontemplent ma victoire :Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !Pourquoi m’ouvrirez-vous le cœursur l’arbre de la croixcomme un agneau ?(Didier Rimaud-CNPL)




